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Les filiales canadiennes et américaines d’Alstom ont maintenu leurs objectifs de croissance, malgré les enjeux environnementaux de taille auxquels elles ont fait face.
Tout au long de son histoire, Alstom a traversé plusieurs crises économiques. Selon Pierre Gauthier, président et chef de la direction d’Alstom Canada et d’Alstom US, la crise qui se termine avait toutefois la particularité d’être accompagnée d’un profond débat sur les changements climatiques et la production de gaz à effet de serre. « Ce débat a frappé de plein fouet notre secteur le plus important, celui de la production d’énergie, qui a subi une brusque contraction au cours de la dernière année et diminué de 50 % à l’échelle mondiale », explique-t-il.
Pour Alstom, les questions environnementales sont ainsi devenues un enjeu presque aussi important que la crise, puisqu’elles ont freiné les investissements en production d’énergie dans de nombreux pays. « Le marché des États-Unis a été particulièrement touché, souligne M. Gauthier. La crise a fait diminuer la consommation et, par le fait même, la demande chez nos clients producteurs d’énergie. Et la plupart de ces sociétés attendent de mieux connaître les nouvelles règles de la politique énergétique américaine avant de lancer des projets. »
Des réalités différentes
Au Canada, les choses se sont déroulées autrement. Le pays n’a pas connu de baisse substantielle de la demande et, puisque l’hydroélectricité représente le plus gros de la production, les investissements se sont poursuivis. L’usine Alstom Hydro de Sorel-Tracy, fournisseur de matériel et de services hydroélectriques, n’a donc subi aucun ralentissement.
Du côté d’Alstom Transport, dont la clientèle est largement constituée de sociétés gouvernementales ou paragouvernementales, le niveau d’activité est demeuré assez soutenu. C’est que plusieurs gouvernements ont investi dans ce secteur dans l’espoir de relancer l’économie. Aux États-Unis, par exemple, le plan de relance du président Obama alloue quelque huit milliards de dollars au transport ferroviaire.
Maintenir le cap
Malgré la crise, Alstom a maintenu ses objectifs de croissance. « C’est plutôt la façon d’atteindre ces objectifs qui a dû être adaptée, précise M. Gauthier. En Amérique du Nord, nous avons décidé de nous lancer dans des secteurs où nous étions absents. L’éolien, notamment, où Alstom n’était présente qu’en Europe. Nous avons donc commencé la construction d’une usine d’assemblage de nacelles éoliennes au Texas. »
Alstom a aussi choisi d’améliorer sa position concurrentielle sur ses marchés traditionnels. Ainsi, elle inaugurera cette année au Tennessee une de ses plus importantes usines de fabrication de turbines nucléaires et de turbines à gaz. « La crise a aussi amené son lot d’occasions, assure M. Gauthier. Nous avons récemment investi dans BrightSource Energy, spécialisée dans la conception, la construction et l’exploitation de centrales électriques solaires, et conclu une entente avec une société canadienne propriétaire d’une technologie hydrolienne. Cette technologie sera développée à l’usine Alstom Hydro de Sorel-Tracy. » De plus, la multinationale a depuis peu fait son entrée dans le secteur de la transmission à haute tension en acquérant le secteur Transmission d’Areva, qui possède une usine à La Prairie.
Pour M. Gauthier, rien de tout cela n’aurait été possible sans l’excellente performance opérationnelle des filiales qu’il dirige, un élément sur lequel la société mère insiste d’ailleurs beaucoup. « Nous étions bien placés pour saisir ces occasions d’affaires, car notre santé financière est bonne, dit-il. C’est une condition essentielle pour sortir intact d’une crise. »
| Alstom est un leader mondial dans la production d’énergie et les infrastructures ferroviaires et constitue une référence dans le domaine des technologies innovantes et non polluantes. La multinationale française, dont le siège social est à Paris, emploie plus de 81 000 personnes dans 70 pays, dont 1 500 au Canada. | ||
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