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Invest-Québec express
Mars 2010

Priorité aux filiales dans la stratégie de prospection internationale d’Investissement Québec

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Jacques Daoust Le président et chef de la direction d’Investissement Québec, Jacques Daoust, s’est récemment rendu en Suisse et en Inde. Invest-Québec express l’a rencontré pour faire le point sur la prospection internationale.

Un des mandats d’Investissement Québec est de stimuler les investissements étrangers au Québec. Quelle est la stratégie adoptée pour y arriver?

D’une part, nous menons de nombreuses activités de prospection visant à attirer de nouvelles entreprises étrangères chez nous. D’autre part, nous soutenons la croissance des filiales de sociétés étrangères établies ici au Québec, en incitant leurs sociétés mères à y investir davantage. Il s’agit là de l’une de nos priorités. Toutes les filiales font face au même défi : elles sont en concurrence avec leurs usines sœurs pour l’obtention de mandats. C’est là que nous intervenons. Les filiales connaissent bien leur métier. Et nous, le nôtre. Notre spécialité consiste à aider les filiales à trouver les arguments qui convaincront leurs dirigeants d’investir chez elles.

En janvier, vous vous êtes rendu pour une quatrième fois au Forum économique mondial de Davos. Quels objectifs visiez-vous en participant à cet événement?

Lorsque je participe à de tels événements, mon objectif est toujours le même : appuyer les projets des filiales établies ici et faire valoir le Québec auprès de sociétés étrangères susceptibles d’y investir. Mais Davos a quelque chose de particulier : sur le site du Forum, une entreprise ne peut mandater qu’une seule personne pour la représenter. On y trouve donc presque exclusivement des présidents. Et comme les entreprises membres doivent afficher des revenus d’au moins trois milliards, il s’agit de grandes multinationales. Je peux donc y faire, en quelques jours, des rencontres qui seraient difficiles à organiser autrement et qui demanderaient de nombreux déplacements. C’est un lieu exceptionnel pour stimuler les investissements étrangers. J’y ai fait des rencontres avec des dirigeants de grandes sociétés internationales qui n’envisageaient pas de venir au Québec, et qui sont maintenant établies chez nous. Tout ça, parce que nous avons ouvert une porte à Davos.

Comment sélectionnez-vous les entreprises que vous rencontrez?

Nous misons sur nos meilleurs créneaux, notamment l’aéronautique, le multimédia, les technologies de l’information et les sciences de la vie. Évidemment, notre objectif n’est pas de solliciter une entreprise qui viendrait cannibaliser celles déjà établies ici, mais plutôt de combler les vides dans ces secteurs. Nous ne ciblons pas les sociétés ayant besoin de main-d’œuvre à bon marché, puisque dans ce domaine, le Québec ne peut concurrencer des pays comme la Chine ou l’Inde. Nous pressentons plutôt les entreprises prêtes à investir dans des emplois de haut niveau.

Si nous apprenons qu’une entreprise cherche un endroit où implanter une nouvelle filiale, nous sollicitons un rendez-vous pour faire en sorte qu’elle envisage de choisir le Québec. Nous en profitons aussi pour explorer de nouvelles avenues. La filière solaire, par exemple, me semble être un secteur prometteur. À Davos, j’ai rencontré le dirigeant d’une importante société de ce secteur, qui a manifesté de l’intérêt pour le Québec après avoir découvert les avantages que nous avons à offrir. Nous organisons aussi des rencontres avec les dirigeants de sociétés présentes au Québec qui ont des projets d’investissement.

Chacun de ces entretiens est minutieusement préparé. Nous montons un dossier exhaustif sur l’entreprise et sur son dirigeant, qui fait la même chose de son côté. Lors d’une rencontre à Davos, alors que je consultais le dossier posé devant moi, mon interlocuteur m’a demandé : « How’s my picture? » Je lui ai répondu : « I think it’s quite good. How about mine? » La glace était brisée!

Après Davos, vous vous êtes rendu en Inde, où vous avez participé à la mission économique organisée par le gouvernement du Québec et inauguré le bureau d’Investissement Québec à Mumbai. Parlez-nous de votre intérêt pour ce pays.

Nous ne pouvons pas ignorer un pays ayant plus d’un milliard d’habitants. En 2008, l’Inde était le seul pays émergent parmi les dix pays qui investissaient le plus au Canada, et les investissements indiens sont appelés à croître au cours des prochaines années. Ce que nous voulons créer en Inde, ce sont des liens d’affaires durables avec des entreprises déjà présentes au Québec, avec de nouvelles sociétés et avec les intermédiaires qui nous donnent accès à ce réseau. La meilleure façon de le faire c'est d’être sur le terrain, car établir de telles relations prend des années. Il faut apprendre à se connaître, se voir régulièrement, discuter. Nous avons donc décidé de nous installer à Mumbai et d’y avoir une représentante recrutée sur place. C’est ce que nous avons fait en Chine et au Japon, avec succès. Au cours des prochains mois, je compte d’ailleurs étendre notre présence à l’étranger en ouvrant d’autres bureaux.

Durant mon passage en Inde, j’ai également prononcé une allocution sur les atouts du Québec et les avantages d’y investir, dans le cadre d’un événement organisé à Delhi par la Fédération indienne des chambres de commerce et d’industrie. Cette allocution a suscité beaucoup d’intérêt et nous a permis d’établir un nombre impressionnant de contacts.

Pourquoi déployer autant d’efforts pour stimuler les investissements étrangers au Québec?

C’est l’une des façons de créer de la richesse pour le Québec. Au cours des quatre dernières années, nos activités de prospection nous ont permis d’obtenir en moyenne un nouvel investissement étranger par semaine. Cette année, malgré le ralentissement mondial des flux d’investissements étrangers, nous devrions battre tous les records en ce qui concerne le nombre d’investissements, ce qui signifie probablement que notre stratégie fonctionne.

Mission en Inde

M. Daoust (à droite) en compagnie de Jean Charest, premier ministre du Québec, de Mitali Bandekar, représentante d’Investissement Québec en Inde, et de Clément Gignac, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation

 

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